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Interview de Ben Chevallereau, CTO & co-fondateur chez Waltio

Nous avons eu le plaisir de rencontrer, dans ces locaux de Lyon, Ben Chevallereau, CTO & co-fondateur de Waltio. Comment a-t-il eu l’idée de créer Waltio ? Où en est la régulation ? Retour sur une interview conviviale et captivante.

Ben, merci de m’accueillir dans vos locaux lyonnais. Peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours académique et professionnel ?

Bien sûr. Tout d’abord remettons un peu de contexte. Aujourd’hui j’ai 40 ans donc il faut imaginer que je n’avais pas Internet quand j’ai grandi et qu’il n’y avait peu voir pas de formation. J’ai commencé par faire un baccalauréat scientifique à l’issue duquel je me suis orienté vers un diplôme d’informatique et de mathématiques. A l’époque, il n’y avait pas vraiment de diplôme dédié, du moins à l’université. J’ai réussi à obtenir une licence d’informatique. Au fur et à mesure, je suis arrivé à un master d’architecture logicielle. Après cela, j’ai commencé à travailler mais je dois avouer que je m’ennuyais un peu. J’ai donc décidé de faire un doctorat pendant à peu près trois ans puis je suis retourné travailler dans différentes sociétés françaises dont Michelin à Clermont-Ferrand. Cela a été le début de très gros projets d’ampleur européen et internationaux. Cela m’a donné l’envie de voyager et d’aller voir ce qui se faisait ailleurs. J’ai donc postulé un peu partout dans le monde sans vraiment cibler d’endroit en particulier. C’est comme cela que je me suis retrouvé à Londres pendant un an, puis aux États-Unis ou j’ai commencé à travailler pour des agences gouvernementales. 

 

Comment en es-tu arrivé à t’intéresser à l’univers blockchain/cryptos et pourquoi ?

C’était en 2016. A l’époque, je travaillais aux États-Unis pour le CDC, qui est en quelque sorte le ministère de la Santé américain. Il y avait une équipe qui s’appelait “l’équipe innovation” et qu’on avait créée à Atlanta. L’objectif était d’expérimenter de nouvelles technologies et de voir comment ça pouvait être appliqué aux agences. C’est là où j’ai commencé à développer mes premiers smart-contracts. L’un des gros défis était d’abord l’authenticité de la donnée parce que le CDC en traite énormément et de plein de partenaires différents. L’autre sujet, c’était sur les médicaments frauduleux car aux États-Unis, c’est un réel problème. Il faut assurer la traçabilité de la fabrication jusqu’à la vente. C’est donc à travers le prisme de la santé que j’ai commencé à m’intéresser à la blockchain. 

 

En 2019, tu as décidé de cofonder Waltio. Peux-tu nous expliquer comment vous est venue l’idée de créer Waltio? 

En effet, j’ai cofondé Waltio en 2019 avec Pierre Morizot mais nous nous sommes rencontrés en 2018. C’est Pierre qui a véritablement eu l’idée à la base de Waltio. A l’époque, il devait déclarer ses impôts mais ne savait pas trop comment s’y prendre. Il a commencé à faire un fichier Excel tout seul chez lui qu’il a partagé sur les réseaux sociaux. Immédiatement, il y a eu un réel engouement autour de son tableur. Il s’est alors dit y avait peut-être une idée de business à creuser autour de la déclaration d’impôt crypto en France. Il s’est mis en quête de son CTO (Chief Technical Officer) pour faire les premiers éléments techniques et a posté une annonce sur Internet. Personnellement, j’étais très intéressé par l’univers crypto. C’est comme cela que nous avons pris contact et que nous avons entamé nos premiers échanges. Ça a tout de suite très bien collé entre nous. On a commencé à faire les premières versions de Waltio, à faire les premières simulations de calculs automatisés, récupérer les clés API, sortir des statistiques, etc. 

 

Quels sont les services que propose Waltio ? Votre cœur de métier et votre positionnement ?

Pour résumer, vous allez connecter vos différents comptes crypto sur Waltio soit par API soit en copiant directement votre adresse de portefeuille. Cela va nous permettre de pouvoir vous aider à collecter toutes les transactions que vous avez pu faire depuis le début de votre activité. On va récupérer toutes ces données, les analyser et grâce à notre assistant fiscal on va vous aider à identifier s’il y a des trous dans la raquette. Peut-être qu’il y a une plateforme que vous avez oublié de fournir ou un exchange qui a pu fermer donc on va vous alerter et vous proposer des solutions. Mais en tout cas, il faut trouver une solution. 

A la fin, quand toutes les données sont vérifiées et consolidées, nous allons faire tous les calculs nécessaires pour que vous puissiez faire votre déclaration fiscale sereinement. Nous vous indiquons quel chiffre mettre dans quelle case sur le site impot.gouv.fr. Nous allons également vous fournir ce que l’on appelle une annexe de la déclaration fiscale et vous transférer tous les documents justificatifs en cas de contrôle fiscal.

 

Aujourd’hui Waltio a vraiment du poids dans l’écosystème français, peux-tu nous dire combien vous êtes dans l’entreprise et plus particulièrement au sein de l’équipe technique ?

Nous avons des locaux à Paris puisque Pierre est situé là-bas et à Lyon sous ma supervision. Actuellement nous sommes 20 à travailler chez Waltio divisé entre ces deux villes. A Lyon nous allons avoir notre juriste, une partie de l’équipe customer care et toute l’équipe technique. Cette dernière regroupe à elle seule pas moins de 6 personnes ! Le reste des effectifs est sur Paris, notamment le gros de l’équipe customer care. C’est vraiment dans l’ADN de Waltio de pouvoir répondre rapidement et efficacement aux interrogations de nos clients et utilisateurs.  

 

Quels sont les plus gros challenges auxquels vous avez fait face ?

Je pense que ce sont vraiment les aspects techniques. Quand nous avons commencé le projet avec Pierre, nous n’avions pas vraiment idée de ce qu’il fallait faire. Je pensais que nous n’aurions qu’à aller récupérer telles données sur cet exchange, telles informations sur cette plateforme, faire les plus et les moins, quelques calculs et le tour était joué. Quelque chose d’assez simple finalement. Mais la réalité a été tout autre et nous nous sommes vite retrouvés face à un mur que nous avons dû escalader ! Le plus gros challenge, c’est vraiment la collecte de la donnée. C’est extrêmement compliqué. Je ne vais pas trop entrer dans les détails techniques, mais les plateformes d’échange ne jouent pas trop le jeu dans le partage de ces datas. Les explorateurs, ce n’est pas leur business de fournir des API de récupération de données. Il y a souvent une grosse instabilité de la part de leurs API, des formats qui changent fréquemment, des adresses qui ne fonctionnent pas ou plus,etc.. De plus, nous avons dû apprendre et nous former à la fiscalité française. 

 

Comment se passe l’imposition des actifs numériques en France ?

En fait, c’est assez simple. Il y a deux obligations déclaratives:

 

  • déclarer tous ces comptes étrangers ouverts, fermés ou possédés, à l’administration fiscale (Binance, Kraken,etc). Donc si vous êtes sur Paymium par exemple, il n’y a pas besoin de déclarer son compte. 

 

  • déclarer vos plus values mais également vos moins values. Bien entendu, vous n’êtes pas imposable sur vos moins values mais vous êtes tenu de les déclarer. Pour déclarer ces plus-values ce n’est pas très compliqué: il faut regarder tous les mouvements imposables de l’année (vente crypto/euro ou dollars, achat d’un bien ou service en crypto, etc). Puis, il convient de faire le calcul entre combien vous avez acheté vos cryptos et à combien vous les avez vendus pour obtenir le montant de votre plus-value.

 

Il faut savoir que ces plus-values sont soumises à la flat tax et donc imposées à 30 %. En 2024, il sera possible d’utiliser le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

 

Lire plus : L’Italie reconnaît et taxe les crypto-actifs

 

Quelles sont les difficultés rencontrées par les Français lors des déclarations d’impôts et comment Waltio vient-il s’inscrire là-dedans ?

Ici aussi, il semble que l’étape la plus douloureuse soit la collecte de la donnée et surtout de s’assurer que toutes les données soient valides. Pourquoi? Parce que les données sont très hétérogènes, distribuées partout, mais surtout parce que notre écosystème n’est pas très stable. Dans le cas d’une plateforme qui ferme comme FTX par exemple, il est impossible de récupérer ces informations. Les API ne fonctionnent plus, le système ne fonctionne plus et les gens n’ont pas pu récupérer leurs fichiers attestant de leurs transactions. 

Il faut souligner que malgré toutes ces contrariétés, faire sa comptabilité tous les ans, c’est important. Si par exemple, sur Coinbase, vous vendez 1 BTC mais que vous n’en avez que 0.5 dans votre portefeuille, il y a un souci. Notre rôle chez Waltio va être de vous alerter et de vous aider à corriger ce genre de problème.

 

Tu évoques justement le cas de FTX, comment cela se passe pour les utilisateurs ? Sont-ils tenus de déclarer leurs cryptos malgré tout ?

Si c’est vraiment de la perte de donnée je pense, et ce n’est que mon avis, que l’administration fiscale va chercher la bonne fois de l’utilisateur. De notre côté, nous allons essayer de venir compenser cela avec un système au plus juste en se fixant sur des transactions renseignées manuellement. Maintenant, dans le cadre de FTX, doit-on déclarer ces fonds en pertes ? Tous les fonds sont-ils véritablement perdus ? C’est un vrai débat et cela reste assez flou pour le moment.

 

Lire plus : L’affaire FTX : tout comprendre de A à Z

 

Quel est le coût d’utilisation de Waltio pour un particulier souhaitant être aidé pour sa déclaration d’impôts ?

Cette année, nous avons un nouveau modèle de prix qui est selon moi assez novateur. Tout d’abord, nous avons une offre gratuite si vous avez réalisé moins de 50 transactions sur l’année fiscale. Entre 50 et 10 000 transactions sur l’année fiscale, c’est un prix unique fixé à 179 € par an quel que soit le nombre de plateformes que vous utilisez. Nous avons décidé de ce prix unique afin de faciliter la compréhension par nos utilisateurs. Si vous faites au-delà de 10 000 transactions par an, nous proposons un accompagnement personnalisé car c’est souvent ce dont a besoin cette typologie de client. 

 

Que prévoit la roadmap de Waltio en termes de futurs développements ? Prévoyez-vous de nouvelles fonctionnalités pour 2023 ?

Nous avons pas mal de choses dans les cartons et notre roadmap est très dense. Dans les prochains mois, nous allons nous concentrer sur l’internationalisation de Waltio. Nous venons d’arriver en Belgique et nous devrions ouvrir un autre pays européen d’ici deux mois. D’autres suivront d’ici la fin de l’année 2023. Bien évidemment, nous n’oublions pas de continuer à développer et améliorer notre outil. La prochaine étape est un gros focus sur la DeFi avec une meilleure récupération des mouvements, focus sur les scams, airdrop, shitcoins, etc.

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Jonathan Riss

Passionné par la blockchain et les cryptos depuis 2019, je suis diplômé du cursus “Consultant Blockchain” par Alyra. J'espère vous faire découvrir cet écosystème aussi fascinant que complexe, en le rendant le plus accessible possible.

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