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Interview de Cyril Grunspan, Directeur de l’Institut des Crypto-Actifs du Pôle Léonard de Vinci

Aujourd’hui, l’Institut des cryptos-actifs a été inauguré au sein du Pôle Léonard de Vinci. Un nouvel Institut consacré aux actifs numériques : blockchain, bitcoin, DeFi… Pour l’occasion, nous avons rencontré Cyril Grunspan, Directeur de l’Institut des Crypto-Actifs pour nous parler de ce projet.

Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours académique et professionnel ?

Je suis Cyril Grunspan. Mathématicien de formation, j’ai eu un parcours classique à l’ENS, puis j’ai fait une thèse à l’école polytechnique. Plus tard, j’ai bifurqué dans la finance et j’ai rejoint une banque d’investissement à Londres où j’ai été analyste quantitatif. Aujourd’hui, je suis Directeur de l’Institut des Crypto-Actifs, professeur à l’ESILV et chercheur.

 

Comment avez-vous découvert le Bitcoin ?

Lorsque je travaillais à Londres en 2009, un trader m’a parlé du Bitcoin et me l’a présenté de manière très négative. Il parlait d’escroquerie, de blanchiment d’argent, etc. Par curiosité j’ai jeté un coup d’œil au whitepaper qui ressemblait à un article scientifique, et je ne comprenais pas qu’il puisse susciter un tel rejet. J’ai ensuite donné ma démission, et je suis arrivé là où j’en suis aujourd’hui, à savoir professeur et chercheur à l’ESILV.

Un jour, un étudiant qui était dans mon bureau m’a dit que je devrais m’intéresser au bitcoin. C’était en 2013 ou en 2014, et il avait raison ! Je le remercie. Je me suis donc lancé dans des travaux de recherches à ce sujet.

 

Quel est le cheminement qui vous a amené là aujourd’hui ?

J’ai lu à droite à gauche des articles de Jean-Paul Delahaye ou Pierre Noizat, des articles de vulgarisation sur ce sujet notamment des articles publiés dans le magazine Pour la science, et aussi un article très bien écrit dans la Gazette de la Société des mathématiques. J’ai écrit à l’auteur de l’article pour le féliciter de son travail. Nous nous sommes par la suite rencontrés et nous nous sommes rendus compte que nous nous connaissions : il avait été mon khôlleur de prépa !

 

J’ai entendu parler d’un article sur le whitepaper de Bitcoin qui avait bien fait parler de lui…

(Rires) Nous avons coécrit un article en commun pour expliquer ce qu’était le bitcoin, puis… nous avons corrigé le whitepaper de Bitcoin ensemble ! Dans celui-ci, il y avait une démonstration mathématique qui était censée donner une explication qui prouve que la probabilité de la double-dépense est faible et décroît au nombre de confirmations. Le calcul de probabilité de réussite d’une double-dépense mené par Satoshi Nakamoto était imparfait. Nous l’avons donc corrigée. Par la suite, nous avons écrit une dizaine d’articles ensemble.

 

Quelles actions avez-vous mises en place au Pôle Léonard de Vinci pour démocratiser la technologie blockchain ?

Dès 2015, j’ai donné des cours sur les crypto-actifs à l’ESILV qui donnaient droit à des crédits ECTS. Cela signifie que ces cours étaient obligatoires pour tous les étudiants du programme, même ceux qui ne s’intéressaient pas au Bitcoin et ne souhaitaient que se consacrer à la finance de marché.

Aujourd’hui, les passionnés du bitcoin ou des cryptos-actifs peuvent suivre notre majeure fintech. C’est une formation sur deux ans à l’ESILV avec une centaine d’heures de cours. Le but est de devenir développeur blockchain. Il n’y a pas d’autres formations aussi techniques sur deux ans pour devenir développeur blockchain donc c’est assez unique !

 

Pouvez-vous nous parler davantage des cours présents dans cette majeure fintech ?

À la fin de la troisième année d’école, les étudiants peuvent choisir de se spécialiser dans une majeure : s’ils choisissent la majeure fintech, ils partent sur une formation de 2 ans. Une vingtaine d’étudiants font ce choix. On y trouve :

  • des cours d’introduction aux crypto monnaies
  • des cours de développement blockchain
  • un cours sur la DeFi
  • un cours appelé “monnaies numériques”
  • un cours “Proof of Stake”
  • un cours de crypto finance
  • des cours de cryptographie pure et dure (symétrique, asymétrique)
  • des cours sur la preuve à divulgation nulle de connaissances (une des rares école à traiter ce sujet !)

Il y a aussi des cours de développement web et mobile plus classiques, des cours assez techniques. Les premiers cours ont démarré en 2016. Ce n’est pas un hasard si les deux derniers présidents de Kryptosphere viennent de l’ESILV !

 

Lire plus : Le pôle Léonard de Vinci inaugure son Institut des Crypto-actifs !

 

Après être passé par la majeure fintech, où vont vos étudiants ?

Je suis tout à fait satisfait des résultats car avant d’être responsable de cette majeure fintech, j’ai pu voir des étudiants souffrir pour trouver des stages car la compétition est importante. Maintenant, ils ont déjà acquis de l’expérience en quatrième année et ont déjà des propositions de CDI en tant que développeur blockchain avant la fin de leur master. Ils ne stressent pas ! Il y a un peu un esprit “école 42” chez nous, il n’y a pas d’examen sur table, pas d’esprit de compétition.

 

Comment l’ESILV contribue-t-elle à faire grandir l’écosystème ?

À travers ses professeurs ! J’ai eu la chance de rencontrer des enseignants de grande qualité. Je peux aussi parler de l’investissement de ces professeurs. Pierre Noizat (fondateur de Paymium) donnait des cours sur le bitcoin. Puis, j’ai pu compter sur Henri Lieutaud (Starknet), référent blockchain des étudiants à l’ESILV, qui a été particulièrement actif et qui a joué un rôle majeur dans le succès de cette formation qui est longue.

 

Pouvez-vous nous présenter l’Institut des crypto-actifs dont vous-êtes le Directeur ?

L’objectif est d’aller plus loin que ce que l’on fait aujourd’hui. On voudrait s’adresser à d’autres publics (notamment des chercheurs), financer des projets de recherche, offrir un espace de liberté dans lequel ils souhaiteraient s’épanouir (activités, formations, etc). On souhaite également s’adresser aux professionnels en proposant des formations aux entreprises, mais aussi au grand public : les personnes qui n’y connaissent pas grand chose pour leur proposer des événements, des débats. Nous avons également un projet d’exposition, des expositions de musées pour donner à voir les crypto-actifs et leur histoire, leurs racines etc. Je souhaite organiser des débats politiques sur le sujet, pas un débat pour susciter du buzz, seulement un débat avec des avis contradictoires pour enrichir la discussion.

 

Comment est né ce projet ?

Je me suis beaucoup inspiré de ce qui se fait aux Etats-Unis, notamment dans des écoles comme University of California, Berkeley ou Stanford.

 

Combien êtes-vous et qui va s’occuper d’organiser tout ça ?

Nous nous appuyons sur un centre de recherche, le De Vinci Research Center (DVRC) d’une centaine d’enseignants-chercheurs de l’EMLV et l’ESILV dont certains s’intéressent au sujet. Il y a aussi un service communication qui organise des événements grand public pour faire venir une personnalité cryptos afin de commenter l’actualité.

Je souhaiterais être rejoint par toute personne de bonne volonté pour mettre à bien des projets de manière générale. Je ne considère pas l’Institut comme un acteur indépendant concurrent de plus dans un écosystème saturé – nous souhaitons collaborer et s’appuyer sur des experts.

 

Pouvez-vous nous parler du comité scientifique ?

Le comité scientifique nous conseille sur différentes activités. On peut y retrouver Julien Prat, directeur de la chair blockchain à l’X, Bruno Biais d’HEC Paris, Vincent Danos de l’ENS et du CNRS, et bien d’autres encore. Nous avons déjà organisé plusieurs tables rondes.

Nous nous appuyons sur le monde des entreprises et l’écosystème Blockchain déjà existant. On a eu l’honneur de recevoir Nicolas Bacca (ex Ledger), Pierre Noizat de Paymium, Nicolas Liochon de ConsenSys, une personne de la fondation Algorand et la Banque de France fait partie de notre comité d’exécution. Au niveau du comité scientifique, il y a 6 experts et 11 pour le comité de praticien.

 

Pouvez-vous nous présenter les événements que vous souhaitez initier ?

Nous organisons déjà deux séminaires à destination de la recherche : le premier est le séminaire de crypto finance qui a lieu une fois par mois. Par ailleurs, nous avons créé un autre séminaire de recherche avec la collaboration du Pôle innovation finance qui a lieu au Palais Brongniart, à Paris. Il s’agit de donner la parole à un chercheur sur un sujet précis mais de pouvoir intéresser le plus grand nombre, de donner envie aux personnes de s’y intéresser et de proposer avant l’exposé du chercheur un exposé grand public qui aurait pour objectif de poser les bases, les orientations et les enjeux du sujet.

Un Apéro DeFi consiste à réaliser deux séminaires, avec un premier exposé grand public, puis un séminaire plus spécialisé d’un article de recherche suivi d’un cocktail.

De belles choses sont encore à venir !

 

Lire plus : Classement Global 2023 : Les Pays Leaders en Cryptomonnaies

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