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Strategic Bitcoin Reserve : pourquoi les États-Unis détiennent déjà 328 372 BTC

328 372 BTC, 25 Md$ : les États-Unis sont le 1er détenteur souverain de Bitcoin, sans en avoir acheté un seul.

Les États-Unis sont déjà, sans débat possible, le premier détenteur souverain de Bitcoin au monde. Selon les estimations sectorielles concordantes en 2026, le gouvernement fédéral américain détient environ 328 372 BTC, soit une valeur d’environ 25 milliards de dollars au cours actuel, ce qui représente 1,6 % du supply total mondial de Bitcoin (21 millions de coins maximum). Pourtant — et c’est tout le paradoxe de cette situation — pas un seul de ces bitcoins n’a été acheté par le Trésor américain. Tous proviennent de saisies criminelles : démantèlement de la marketplace Silk Road, récupération des fonds dérobés lors du hack Bitfinex, et de nombreuses autres opérations de police fédérale (FBI, DOJ, IRS).

Plus surprenant encore : 14 mois après que le président Donald Trump a signé l’executive order établissant la Strategic Bitcoin Reserve (6 mars 2025), le dispositif n’a toujours pas été approuvé par le Congrès. La réserve reste donc fondée sur un simple décret présidentiel, sans backing législatif. En mai 2026, le représentant Nick Begich a réintroduit le projet sous un nouveau nom : l’American Retirement and Monetary Advancement Act (ARMA). Pendant ce temps, El Salvador, deuxième détenteur souverain mondial avec environ 7 500 BTC, continue d’accumuler du Bitcoin via des achats directs. Cet article fait le point sur la situation réelle. 

Strategic Bitcoin Reserve : que contient vraiment la réserve américaine en 2026

Le tableau ci-dessous récapitule les données chiffrées vérifiées sur la réserve Bitcoin du gouvernement américain en 2026.

Indicateur Donnée 2026
Holdings BTC du gouvernement US ~328 372 BTC
Valeur estimée ~25 milliards de dollars
Part du supply total Bitcoin (21M max) ~1,6 %
Mode d’acquisition 100 % saisies criminelles
Achat direct sur le marché 0 BTC
Statut légal Executive order (mars 2025), non voté par le Congrès
Autorisation de vente Bloquée par l’executive order

Cette concentration de Bitcoin entre les mains d’un seul État dépasse tous les autres détenteurs souverains identifiés. À titre de comparaison, El Salvador détient environ 7 500 BTC (par achats directs depuis 2021), le Bhoutan environ 13 029 BTC (via du mining via Druk Holding), et la Chine est estimée à environ 194 000 BTC (saisies, dont l’affaire PlusToken). Aucune autre puissance comparable ne se rapproche du chiffre américain.

Pour comprendre pourquoi cette accumulation est si singulière dans l’histoire monétaire, il faut d’abord avoir en tête comment fonctionne la blockchain et ses origines, notamment le fait que chaque transaction Bitcoin est publique et traçable — y compris quand l’État en est le détenteur.

 

Comment les États-Unis sont devenus le premier détenteur souverain de Bitcoin sans en acheter

L’histoire est presque accidentelle. Pendant plus d’une décennie, le gouvernement américain a saisi des bitcoins dans le cadre d’enquêtes criminelles, puis les a régulièrement vendus aux enchères à perte. Voici les principales sources d’accumulation.

Silk Road (2013) — Le démantèlement de la marketplace darknet par le FBI a abouti à la saisie d’environ 174 000 BTC appartenant à Ross Ulbricht (« Dread Pirate Roberts ») et à d’autres affaires liées. La plupart de ces coins ont été vendus aux enchères entre 2014 et 2015 à des prix bien inférieurs aux cours actuels — Tim Draper en a notamment racheté 30 000 à environ 600 $ pièce.

Bitfinex Hack 2016 (récupération en 2022) — En 2022, le DOJ a récupéré 94 643 BTC dérobés lors du hack de l’exchange Bitfinex en 2016 par le couple Heather Morgan et Ilya Lichtenstein. C’est la plus grande saisie financière de l’histoire du DOJ.

Affaire James Zhong (2022) — Récupération de 51 680 BTC liés à un vol sur Silk Road en 2012.

Multiples saisies cumulées — Le reste vient d’opérations de la DEA, du FBI, de l’IRS, et de plusieurs forfeitures civiles sur des affaires de ransomware, de marchés noirs, de fraudes diverses.

L’agence qui gère ces actifs au quotidien est le US Marshals Service, traditionnellement chargé de la vente des biens saisis aux États-Unis. C’est cette agence qui a procédé aux ventes aux enchères, gérant un patrimoine numérique pour lequel ses procédures avaient été conçues à l’origine pour des biens physiques (immeubles, voitures, bateaux).

 

L’executive order Trump de mars 2025 : ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas

Le 6 mars 2025, le président Donald Trump signe l’executive order établissant la Strategic Bitcoin Reserve. Le document fait deux choses principales :

  1. Il consolide tous les bitcoins détenus par le gouvernement fédéral dans une réserve unique gérée par le Treasury Department. Auparavant, les bitcoins étaient dispersés entre plusieurs agences (DOJ, FBI, IRS, US Marshals, etc.) avec des procédures différentes.
  2. Il interdit la vente de ces bitcoins. Concrètement, cela retire d’un coup une importante source de pression vendeuse sur le marché, puisque les ventes aux enchères du US Marshals étaient suivies attentivement par les traders.

Mais l’executive order ne dit PAS que le Trésor doit acheter du Bitcoin supplémentaire. La fameuse phrase « without using taxpayer funds » (sans utiliser les fonds des contribuables) crée une équation impossible : comment acquérir plus de Bitcoin si le gouvernement ne peut pas en acheter ? Plusieurs idées ont émergé (rééquilibrage des réserves d’or, swap avec d’autres actifs, monétisation du Strategic Petroleum Reserve), mais aucune n’a été formalisée à ce jour.

C’est pourquoi de nombreux analystes considèrent l’executive order comme plus défensif qu’offensif : il sécurise les bitcoins déjà détenus, mais ne crée pas de mécanique d’accumulation active. Le contraste avec El Salvador, qui achète activement chaque jour ou presque, est saisissant.

 

Pourquoi la Strategic Bitcoin Reserve n’a toujours pas été votée par le Congrès

C’est le grand sujet de friction politique. Plus de 14 mois après la signature de l’executive order, la Strategic Bitcoin Reserve n’a toujours pas reçu d’approbation législative. Trois raisons principales expliquent ce blocage.

  1. Le manque d’enthousiasme du Treasury. En août 2025, le Secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré publiquement que l’administration « n’allait pas acheter de Bitcoin supplémentaire ». Cette prise de position d’un haut responsable est une déclaration politique forte qui a freiné les démarches législatives. Sans le soutien actif du Trésor, la réforme structurelle est beaucoup plus difficile à pousser.
  2. La division au sein des Républicains. Bien que l’executive order ait été signé par Trump, les conservateurs fiscaux du Parti républicain restent sceptiques quant à l’idée d’utiliser des fonds publics pour acheter du Bitcoin. Une partie estime que cette accumulation contrevient aux principes de prudence budgétaire et expose les finances publiques à la volatilité d’un actif spéculatif.
  3. L’absence d’opposition coordonnée des Démocrates. Sans surprise, les Démocrates n’ont pas particulièrement soutenu la mesure non plus, beaucoup la considérant comme un cadeau au lobby crypto de l’administration Trump. Le résultat : aucune vraie coalition bipartisane ne s’est formée pour faire avancer la législation, et la réserve continue d’exister uniquement sur la base d’un décret présidentiel — facilement révocable par une administration future.

 

Le BITCOIN Act puis l’ARMA Act : la bataille législative pour faire des États-Unis un acheteur de Bitcoin

Plusieurs tentatives législatives ont jalonné l’histoire récente.

Le BITCOIN Act (2024) — Premier projet de loi structuré pour faire des États-Unis un acheteur stratégique de Bitcoin. Le projet prévoyait initialement l’achat de 200 000 BTC par an pendant 5 ans, soit un million de bitcoins au total — environ 5 % du supply mondial. La version originale était portée par la sénatrice Cynthia Lummis (Wyoming). Le projet est resté en commission Banking au Sénat, sans avancer.

Le BITCOIN Act 2.0 (2025) — Réintroduit avec des objectifs maintenus mais des modalités plus flexibles. Toujours bloqué.

L’ARMA Act (mai 2026) — Représentant Nick Begich (Alaska) introduit l’American Retirement and Monetary Advancement Act, qui remplace le BITCOIN Act sous un nouveau nom plus large et politiquement plus acceptable. Le démocrate Jared Golden se joint comme co-sponsor — un signe d’ouverture bipartisane rare sur ce sujet. L’ARMA Act fait deux choses : il consolide les bitcoins fédéraux déjà détenus dans une réserve unique gérée par le Treasury, et il interdit toute vente pendant au moins 20 ans. Notamment, il n’impose plus d’obligation d’achat (par opposition aux versions précédentes du BITCOIN Act).

Cette dernière concession révèle la pression politique : pour avancer, les promoteurs de la réserve ont dû renoncer à l’idée que le Trésor achète activement du Bitcoin sur le marché. Pour les défenseurs purs et durs de l’idée (Michael Saylor, Cynthia Lummis), c’est une demi-victoire. Pour les sceptiques, c’est une mesure essentiellement symbolique.

 

Lire plus: La société générale, championne de la tokenisation

 

Strategic Bitcoin Reserve : ce que cela change pour le marché crypto en 2026

L’existence (même imparfaite) de la Strategic Bitcoin Reserve a des conséquences sur le marché crypto qu’il est important de comprendre.

  1. Retrait d’une pression vendeuse historique. Avant l’executive order, le US Marshals Service vendait régulièrement des centaines de millions de dollars de bitcoins saisis. Ces ventes pesaient à chaque fois sur le cours. L’interdiction de vente prévue par l’executive order supprime structurellement cette source d’offre — un facteur considéré comme haussier à long terme.
  2. Légitimation institutionnelle du Bitcoin. Le fait que l’État américain reconnaisse formellement le Bitcoin comme actif stratégique est un signal puissant pour les autres pays et pour les investisseurs institutionnels. Beaucoup de fonds de pension, hedge funds et family offices considèrent désormais le Bitcoin comme une classe d’actifs légitime, plus seulement comme un investissement spéculatif marginal.
  3. Effet domino international. Depuis l’executive order Trump, plusieurs pays ont annoncé des projets de réserves Bitcoin stratégiques ou ont accéléré leurs accumulations existantes : El Salvador (qui rachète activement), le Pakistan (annonce officielle d’un projet), et de nombreux pays observateurs (Hong Kong, plusieurs sénateurs républicains au niveau des États américains). Pour comprendre comment se construit un projet crypto solide d’investissement, le guide pour bien débuter dans l’univers Blockchain reste la lecture de référence.
  4. Le rôle structurel pour la dette publique américaine. Certains analystes, dont Michael Saylor de Strategy (ex-MicroStrategy), considèrent que Bitcoin pourrait à terme servir de collatéral pour la dette publique américaine. Une thèse audacieuse, mais qui circule dans les milieux pro-Bitcoin à Washington.

 

Les autres pays qui se positionnent sur le Bitcoin : El Salvador, Bhoutan, Pakistan

Si les États-Unis dominent les holdings par leur ampleur, ils ne sont plus seuls. Plusieurs pays ont structuré leur propre approche stratégique.

El Salvador — Premier pays au monde à avoir reconnu le Bitcoin comme monnaie légale en septembre 2021. Détient environ 7 500 BTC, accumulés via des achats directs sur le marché (la fameuse stratégie de 1 BTC par jour annoncée par le président Nayib Bukele). El Salvador a aussi développé Bitcoin City, un projet urbain financé en bitcoin.

Bhoutan — Royaume himalayen méconnu mais très actif. Détient environ 13 029 BTC accumulés via une stratégie de mining hydroélectrique opérée par la holding nationale Druk Holding. Une approche unique au monde, qui utilise l’abondance hydraulique du pays pour miner du Bitcoin sans impact environnemental supplémentaire.

Chine — Estimée à environ 194 000 BTC, principalement issus de saisies (affaire PlusToken notamment). Le statut exact de ces holdings reste opaque, la Chine ayant officiellement interdit les cryptomonnaies en 2021.

Pakistan — Annonce d’une réserve stratégique en 2026, sans communication précise sur les montants.

Royaume-Uni, Allemagne, Russie — Détentions issues de saisies mais sans politique stratégique formalisée.

Le clivage est désormais clair : il y a les pays qui détiennent du Bitcoin par accident (saisies criminelles) et les pays qui en détiennent par stratégie (achats directs ou mining). Les États-Unis sont aujourd’hui du premier camp, El Salvador et le Bhoutan du second. L’enjeu de la décennie 2026-2030 sera de savoir si l’Amérique bascule ou non du côté stratégique.

 

Questions fréquentes sur la Strategic Bitcoin Reserve

Combien de Bitcoin détient le gouvernement américain en 2026 ? Environ 328 372 BTC, soit une valeur d’environ 25 milliards de dollars au cours actuel, ce qui représente 1,6 % du supply total mondial de Bitcoin. Cela fait des États-Unis le premier détenteur souverain de Bitcoin au monde.

Le gouvernement américain achète-t-il du Bitcoin ? Non. Aucun des bitcoins détenus par le gouvernement fédéral américain n’a été acheté sur le marché. Tous proviennent de saisies criminelles : démantèlement de Silk Road (174 000 BTC), récupération du hack Bitfinex de 2016 (94 643 BTC), affaire James Zhong (51 680 BTC), et de nombreuses autres saisies. Le Treasury Secretary Scott Bessent a confirmé en août 2025 que l’administration n’achèterait pas de Bitcoin supplémentaire.

Qu’est-ce que la Strategic Bitcoin Reserve ? C’est une réserve stratégique de Bitcoin établie par l’executive order signé par Donald Trump le 6 mars 2025. Elle consolide tous les bitcoins détenus par le gouvernement fédéral américain (auparavant dispersés entre plusieurs agences) en une seule réserve gérée par le Treasury Department, et interdit leur vente.

Pourquoi la Strategic Bitcoin Reserve n’est-elle toujours pas votée par le Congrès ? Plusieurs raisons : manque d’enthousiasme du Treasury Secretary Bessent (qui a publiquement déclaré ne pas vouloir acheter de Bitcoin), divisions au sein des Républicains entre pro et anti-crypto, absence d’opposition coordonnée des Démocrates. Le BITCOIN Act introduit en 2024, puis l’ARMA Act introduit en mai 2026 par Nick Begich, n’ont pas encore reçu d’approbation législative.

Qu’est-ce que l’ARMA Act ? L’American Retirement and Monetary Advancement Act, introduit en mai 2026 par le représentant Nick Begich (Alaska). C’est le successeur du BITCOIN Act, renommé pour des raisons stratégiques. Il consolide les bitcoins fédéraux dans une réserve unique gérée par le Treasury et interdit toute vente pendant au moins 20 ans, mais ne contient plus d’obligation d’achat de Bitcoin (contrairement aux versions précédentes).

Quels autres pays détiennent du Bitcoin officiellement ? El Salvador (~7 500 BTC via des achats directs depuis 2021), le Bhoutan (~13 029 BTC via du mining hydroélectrique), la Chine (~194 000 BTC essentiellement saisis), et le Pakistan (annonce officielle d’un projet de réserve en 2026). Beaucoup d’autres pays détiennent des bitcoins issus de saisies sans politique stratégique formalisée (Royaume-Uni, Allemagne, Russie).

Quel est l’impact de la Strategic Bitcoin Reserve sur le marché crypto ? Trois effets principaux : retrait structurel d’une pression vendeuse historique (le US Marshals ne vend plus aux enchères), légitimation institutionnelle du Bitcoin comme classe d’actifs (effet d’entraînement sur les fonds traditionnels), et effet domino international avec d’autres pays qui annoncent ou accélèrent leurs propres projets.

 

Ce qu’il faut retenir

Les États-Unis sont déjà le premier détenteur souverain de Bitcoin au monde avec environ 328 372 BTC (~25 milliards de dollars), soit 1,6 % du supply total. Mais ce paradoxe absolu : aucun de ces bitcoins n’a été acheté, tous proviennent de saisies criminelles (Silk Road, Bitfinex, affaires diverses). L’executive order signé par Trump le 6 mars 2025 a établi formellement la Strategic Bitcoin Reserve, consolidant ces bitcoins dans une réserve unique gérée par le Treasury et interdisant leur vente. Mais 14 mois plus tard, le Congrès n’a toujours pas voté l’approbation législative du dispositif. Le Treasury Secretary Scott Bessent a publiquement déclaré ne pas vouloir acheter de Bitcoin supplémentaire, et l’ARMA Act introduit en mai 2026 par Nick Begich abandonne l’obligation d’achat. La réserve reste donc fondée sur un simple décret présidentiel, facilement révocable. Sur le marché, l’impact est néanmoins structurel : retrait d’une pression vendeuse historique, légitimation institutionnelle du Bitcoin, effet domino international (El Salvador continue ses achats, le Bhoutan mine, le Pakistan annonce). La grande question de la décennie 2026-2030 : les États-Unis basculeront-ils d’un statut d’accumulateur passif (par les saisies) vers celui d’acheteur stratégique (par les marchés) ? Une réponse qui structurera durablement l’écosystème crypto mondial.

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